Acheter un poulain, c’est commencer une histoire presque depuis le début. Une aventure passionnante, mais qui demande aussi du temps, de la patience et la capacité d’accepter une part d’inconnu.

Acheter un poulain fait rêver. Le voir grandir, construire progressivement une relation avec lui, participer à son éducation puis, quelques années plus tard, vivre les premières étapes du travail monté crée une histoire très particulière.

Mais acheter un poulain n’est pas simplement acheter un cheval adulte en miniature.

Son physique va énormément évoluer, son caractère va s’affirmer et plusieurs années s’écouleront avant qu’il devienne un cheval monté. Avant de se lancer, mieux vaut donc savoir exactement ce que cela implique.

1. Accepter de ne pas savoir exactement à quoi il ressemblera adulte

On peut observer les parents, les frères et sœurs, les origines, la morphologie du poulain et son développement. Tout cela donne de précieuses indications.

Mais un poulain grandit.

Il peut traverser des périodes où il est très harmonieux… puis beaucoup moins ! L’avant-main et l’arrière-main ne poussent pas toujours au même rythme, le modèle évolue et la taille adulte ne peut pas être garantie au centimètre près.

Un éleveur peut donner une estimation, jamais une certitude.

2. Le caractère compte déjà énormément

Un poulain va évoluer, mais on peut néanmoins observer très tôt certains traits de tempérament.

Curiosité, sensibilité, indépendance, proximité avec l’homme, énergie, réactions face à une situation nouvelle… sont autant de petites indications.

Il faut également regarder ses parents et sa famille. Le mental fait partie des critères que nous prenons en compte dans nos mariages au même titre que la morphologie, les allures ou les origines.

Mais là encore, il faut laisser au poulain le droit de grandir et de construire sa propre personnalité.

3. Regarder comment il a grandi

Lorsqu’on achète un poulain, son environnement depuis sa naissance est particulièrement intéressant.

A-t-il pu se déplacer suffisamment ? Vit-il avec d’autres chevaux ? A-t-il grandi uniquement avec sa mère ou au sein d’un groupe ? A-t-il rencontré différents individus ?

Au Corval, nos poulains naissent et grandissent au pré, en groupe. Ils apprennent ainsi les codes sociaux auprès de leur mère mais aussi des autres adultes et des jeunes chevaux.

Pour nous, cette vie sociale fait pleinement partie de leur éducation.

4. Manipulé ne veut pas dire sur-sollicité

Un poulain doit pouvoir être manipulé pour les gestes nécessaires à sa vie : accepter le licol, donner les pieds, être examiné, recevoir les soins courants, monter dans un transport lorsque cela devient nécessaire…

Mais son métier principal reste de grandir.

Il n’a pas besoin de connaître une multitude d’exercices ni d’être travaillé quotidiennement.

Une manipulation régulière, calme et cohérente permet de poser les bases tout en lui laissant une vraie vie de poulain.

5. Acheter un poulain demande de savoir attendre

C’est probablement l’évidence que l’on oublie le plus facilement.

Entre l’achat d’un poulain et les premières vraies séances montées, plusieurs années vont passer.

Pendant ce temps, il faudra continuer à assurer sa pension ou son hébergement, son alimentation, son suivi vétérinaire, son parage et tous les soins habituels… sans avoir encore un cheval à monter.

Cette attente n’est pas du temps perdu.

C’est précisément pendant ces années que le poulain construit son corps, apprend les relations sociales et devient progressivement le cheval adulte avec lequel on travaillera ensuite.

6. Penser dès maintenant à ses futures conditions de vie

Un poulain habitué à vivre au pré avec ses congénères aura besoin de conserver une vie sociale adaptée après son départ.

Avant l’achat, il faut donc déjà réfléchir à l’endroit où il vivra.

Existe-t-il des prés ou paddocks suffisamment grands ? Aura-t-il des compagnons ? Du fourrage adapté ? Une surveillance quotidienne ?

Le choix de la future pension est presque aussi important que celui du poulain.

Et idéalement, ce lieu doit pouvoir l’accompagner pendant sa croissance sans lui imposer trop tôt un mode de vie pensé principalement pour des chevaux adultes au travail.

7. Pouliche, hongre ou entier : anticiper aussi cette question

Pour une pouliche, la question se pose généralement assez peu.

Pour un jeune mâle, en revanche, il faut réfléchir assez tôt à son avenir.

A-t-il réellement vocation à devenir reproducteur ? Les installations permettront-elles de conserver un entier dans de bonnes conditions et avec une vraie vie sociale ?

Si ce n’est pas le cas, la castration pourra être envisagée avec le vétérinaire au moment jugé approprié pour le cheval et son environnement.

Garder un cheval entier uniquement parce qu’il est beau ou possède de bonnes origines n’est pas nécessairement dans son intérêt.

8. Ne pas acheter uniquement un pedigree… ou une couleur

Les origines sont importantes. Elles permettent notamment de connaître les lignées dont est issu le poulain et peuvent donner des indications sur certaines caractéristiques recherchées.

Et oui, on peut aussi rêver d’une couleur particulière.

Mais comme pour un cheval adulte, ces critères doivent rester intégrés dans un ensemble.

Un magnifique poulain palomino ne deviendra pas automatiquement le compagnon idéal simplement parce qu’il possède la robe dont on rêvait.

Mental, morphologie, santé, conditions d’élevage et adéquation avec le projet doivent rester prioritaires.

9. Prévoir l'éducation… puis le débourrage

Même si tout cela paraît encore loin lorsque l’on achète un poulain de quelques mois, il faut déjà y penser.

Qui poursuivra son éducation ? Le propriétaire est-il suffisamment expérimenté ou sera-t-il accompagné ? Qui réalisera le débourrage lorsque le moment sera venu ?

Un jeune cheval apprend extrêmement vite — les bonnes habitudes comme les mauvaises.

Être accompagné n’est donc pas un aveu d’incompétence. C’est souvent justement la meilleure façon d’éviter de transformer de petites difficultés en problèmes beaucoup plus importants quelques années plus tard.

10. Choisir aussi l’éleveur avec lequel on souhaite continuer l’histoire

Acheter un poulain signifie souvent faire confiance à quelqu’un alors que le cheval est encore très jeune.

Pouvoir connaître son histoire, ses parents, ses conditions de naissance et d’élevage, son caractère au quotidien et les éventuels événements de santé permet de prendre une décision plus éclairée.

Il ne faut donc pas hésiter à poser des questions.

Et cette relation peut continuer après le départ du poulain.

Nous aimons recevoir des nouvelles des chevaux nés au Corval, suivre leur évolution et rester disponibles lorsque leurs propriétaires ont besoin d’informations sur leur histoire ou leur famille.

Parce qu’au fond, acheter un poulain, ce n’est pas choisir le cheval qu’il est aujourd’hui. C’est choisir celui que l’on a envie de regarder devenir.

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