Derrière l’image du cheval espagnol se cachent des chevaux très différents. Modèle, tempérament, sensibilité, allures ou taille : choisir un PRE, c’est d’abord chercher celui qui correspond à ce que l’on souhaite vivre avec lui.

Lorsqu’on parle du Pure Race Espagnole, certaines images viennent rapidement à l’esprit : un cheval élégant, expressif, proche de l’homme, avec de la présence et souvent beaucoup de crins.

Mais derrière une même race se trouvent des chevaux extrêmement différents.

Au Corval, cette diversité, nous la voyons déjà parmi nos propres chevaux. Certains sont très sensibles, d’autres particulièrement posés. Certains présentent beaucoup de sang et de réactivité, d’autres sont plus tranquilles. Les modèles, les tailles et les allures diffèrent également.

Il n’existe donc pas un profil unique de PRE — et c’est probablement une bonne nouvelle lorsqu’on cherche son futur cheval.

Un PRE pour le dressage : ne pas regarder uniquement les allures

Un cheval destiné au dressage doit évidemment posséder des qualités physiques compatibles avec le travail demandé.

Mais les allures ne font pas tout.

Le tempérament, la sensibilité, la capacité d’apprentissage et la réactivité aux aides ont une importance considérable.

Jugador du Corval en est un bon exemple chez nous. C’est un cheval sensible, léger et très réactif aux aides, avec un potentiel que nous trouvons particulièrement intéressant pour le dressage.

Mais ces mêmes qualités font aussi de lui un cheval qui ne conviendra pas nécessairement à tous les cavaliers.

Un cheval très réactif peut être exactement ce que recherche un cavalier expérimenté et devenir beaucoup moins confortable pour quelqu’un qui souhaite avant tout être rassuré.

Une qualité n’en est réellement une que si elle correspond au cavalier et à son projet.

Pour le loisir et l’extérieur : le mental prend une place essentielle

Lorsqu’on souhaite avant tout profiter de son cheval, partir en extérieur et multiplier les expériences, la confiance peut devenir plus importante que des allures particulièrement spectaculaires.

Un cheval franc, curieux et suffisamment serein face à la nouveauté sera souvent plus agréable qu’un cheval extrêmement brillant mais constamment sur l’œil.

C’est l’une des qualités que nous découvrons actuellement chez Leyenda du Corval.

Encore verte dans le travail, elle nous a néanmoins montré beaucoup de franchise dans ce que nous lui avons proposé. En manège, en carrière ou sur ses premiers petits obstacles, elle regarde peu et aborde facilement la nouveauté.

Cela ne permet évidemment pas de prédire tout ce qu’elle deviendra — elle reste une jeune jument en apprentissage — mais ce sont des indications intéressantes pour envisager la suite de son travail.

La taille ne dit pas tout du modèle

On entend souvent : « Je mesure tant, il me faut au minimum un cheval d’1,65 m. »

Pourtant, quelques centimètres au garrot ne racontent qu’une petite partie de l’histoire.

Un cheval plus petit mais compact, avec suffisamment d’os et un modèle porteur, peut convenir à un cavalier relativement grand. À l’inverse, un grand cheval très fin ne sera pas automatiquement plus adapté.

Le PRE offre justement une diversité de modèles intéressante.

Chez nous, Leyenda devrait rester autour d’1,55 m et possède pourtant un modèle suffisamment porteur pour que je puisse la monter confortablement avec mon 1,73 m.

À l’opposé, Ramiper de Viñuela atteignait déjà environ 1,60 m à seulement deux ans et présente un tout autre modèle, je ne me verrais pas encore sur son dos !

Le chiffre inscrit sur une toise est donc une information utile, mais certainement pas suffisante pour choisir son cheval.

Et la couleur ?

Le PRE offre aujourd’hui une palette de robes qui attire naturellement certains acheteurs.

Gris, bai, noir, alezan, isabelle, palomino, robes diluées par le gène crème…

Au Corval, la génétique des couleurs fait partie de notre travail de sélection et nous aimons évidemment produire des robes variées.

Faraon VA, par exemple, est isabelle et porteur du gène crème. Ramiper possède deux copies du gène crème. Ces reproducteurs nous permettent d’intégrer la couleur dans nos projets de mariage.

Mais nous avons toujours souhaité la considérer comme un critère supplémentaire et non comme un objectif suffisant à lui seul.

Un cheval peut avoir exactement la robe dont on rêvait et ne correspondre ni à notre niveau, ni à notre caractère, ni à notre projet.

On peut choisir parmi les chevaux qui nous correspondent celui dont la couleur nous plaît. L’inverse est beaucoup plus risqué.

Un cheval de famille n’est pas forcément le même qu’un cheval de sport

Certaines personnes souhaitent principalement monter. D’autres rêvent aussi de passer énormément de temps avec leur cheval à pied.

Dans ce deuxième cas, la relation avec l’homme prend une dimension particulière.

Un cheval naturellement curieux, proche et demandeur d’interactions peut devenir un extraordinaire compagnon pour quelqu’un qui aime passer des heures au pré, faire des soins ou simplement profiter de sa présence.

À l’inverse, une personne essentiellement intéressée par le travail monté accordera peut-être moins d’importance à ce critère.

Là encore, il n’existe pas de bonne réponse universelle.

Jeune cheval ou cheval déjà expérimenté ?

Le choix dépend également de l’histoire que l’on souhaite construire.

Acheter un poulain permet de le voir grandir et de participer progressivement à son éducation, mais implique plusieurs années d’attente et une part importante d’inconnu.

Un jeune cheval débourré permet déjà d’observer son comportement sous la selle, tout en laissant énormément de choses à construire.

Un cheval plus expérimenté peut quant à lui apporter davantage de repères à un cavalier qui en a besoin.

Aucun choix n’est intrinsèquement meilleur qu’un autre.

Il doit simplement être cohérent avec l’expérience, l’encadrement, le temps disponible et les envies du futur propriétaire.

→ Lire : Acheter un poulain, ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Finalement, quel PRE choisir ?

Peut-être simplement celui qui correspond réellement à la personne que l’on est plutôt qu’à celle que l’on aimerait être à cheval.

Un PRE spectaculaire et sensible n’est pas « meilleur » qu’un cheval plus tranquille.

Un cheval d’1,70 m n’est pas meilleur qu’un cheval d’1,55 m.

Un palomino n’est pas meilleur qu’un gris.

Et un cheval destiné au dressage n’est pas plus intéressant qu’un formidable compagnon d’extérieur.

Ce qui compte est la cohérence de l’ensemble : le cheval, le cavalier, le projet, l’encadrement et les conditions de vie.

C’est aussi pour cette raison que lorsque nous proposons un cheval à la vente, nous préférons chercher la bonne personne pour ce cheval plutôt que simplement un acheteur.

Parce que choisir un PRE — comme choisir n’importe quel cheval — devrait avant tout être la rencontre de deux individus faits pour avancer ensemble.

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