Acheter un cheval ne consiste pas seulement à trouver celui qui nous plaît. Le bon cheval est avant tout celui qui correspond à son cavalier, à son projet… et à la vie qu’il pourra lui offrir.

Acheter son cheval est souvent l’aboutissement d’un rêve. Et lorsque l’on commence à chercher, il est facile de se laisser séduire par une jolie tête, une robe particulière, des allures spectaculaires ou simplement par un coup de cœur.

Ces critères comptent. Mais choisir le bon cheval demande surtout de se poser les bonnes questions.

Il n’existe pas de cheval parfait dans l’absolu : il existe surtout des chevaux plus ou moins adaptés à une personne, à son niveau, à ses ambitions et à son mode de vie.

Voici 10 points qui nous semblent importants à considérer avant d’acheter un cheval.

1. Commencer par définir son véritable projet

Avant même de regarder les annonces, il faut savoir ce que l’on souhaite réellement faire avec son futur cheval.

Balade et extérieur ? Dressage ? Concours ? Spectacle ? Travail à pied ? Un peu de tout ? Ou simplement partager le quotidien d’un cheval de famille ?

Un cheval très sensible, énergique et réactif peut être formidable pour un cavalier souhaitant évoluer en compétition et devenir beaucoup moins agréable pour quelqu’un qui rêve essentiellement de longues promenades tranquilles.

À l’inverse, un cheval particulièrement calme et sécurisant ne répondra pas nécessairement aux attentes d’un cavalier recherchant beaucoup de sang et de réactivité.

Le projet doit guider la recherche, et non l’inverse.

2. Être réaliste sur son niveau… et surtout sur son encadrement

Le nombre de galops ou les années d’équitation ne racontent pas toute l’histoire.

Un cavalier relativement peu expérimenté mais bien encadré par un professionnel compétent peut parfaitement progresser avec un jeune cheval adapté. À l’inverse, beaucoup d’expérience ne garantit pas toujours que les bonnes décisions seront prises.

Il faut donc regarder l’ensemble : expérience du cavalier, confiance en soi, habitudes, capacité à demander de l’aide et qualité de l’encadrement dont le couple bénéficiera après l’achat.

Choisir un cheval légèrement au-dessus de son niveau peut parfois fonctionner avec un excellent accompagnement. Choisir un cheval très exigeant en pensant que l’on saura forcément se débrouiller est beaucoup plus risqué.

3. Chercher un caractère compatible avec le sien

C’est probablement l’un des critères les plus importants.

Un cavalier inquiet ou qui manque de confiance aura généralement besoin d’un cheval stable et rassurant. Un cavalier expérimenté recherchant davantage de sensations pourra apprécier un cheval plus sensible et réactif.

Il faut aussi penser à ce que l’on aime à pied.

Pour quelqu’un qui rêve d’un véritable cheval de famille, avec lequel passer beaucoup de temps au pré, faire des soins et partager des moments en dehors du travail, un cheval naturellement proche de l’homme peut avoir énormément d’importance.

Le caractère qui fait rêver une personne peut parfaitement agacer ou inquiéter une autre.

Le bon cheval est aussi celui avec lequel on se sent bien.

4. Choisir un physique adapté au cavalier

La taille seule ne suffit pas.

Un cheval relativement petit mais compact et porteur peut convenir à un grand cavalier, tandis qu’un cheval plus grand mais très fin ne sera pas nécessairement adapté.

À l’inverse, un cavalier léger ou de petit gabarit peut être en difficulté avec un cheval très puissant qui l’emmène facilement.

Il faut donc considérer la taille, le modèle, la force et la capacité du cheval à porter confortablement son cavalier, mais aussi la capacité du cavalier à gérer ce cheval.

C’est particulièrement important lorsqu’on choisit un jeune cheval dont la morphologie va encore évoluer.

5. Ne pas choisir une robe avant de choisir un cheval

Aimer une couleur particulière est parfaitement légitime.

Palomino, isabelle, gris, noir, bai… la robe fait partie du plaisir et peut évidemment entrer dans les critères de recherche.

Mais elle doit rester secondaire.

Un cheval de la couleur rêvée mais dont le tempérament, le modèle ou les aptitudes ne correspondent pas au cavalier restera un mauvais choix.

Mieux vaut parfois renoncer à la couleur que l’on imaginait pour rencontrer le cheval avec lequel tout fonctionne.

6. Réfléchir aux conditions de vie avant l'achat

Le projet ne concerne pas uniquement ce que l’on fera sur le cheval. Il concerne aussi les vingt-trois autres heures de sa journée.

Avant l’achat, il faut donc savoir où il vivra et dans quelles conditions : pré, paddock, box, accès au fourrage, contacts sociaux, possibilités de mouvement…

Au Corval, nous accordons une importance particulière à ce point. Nos chevaux grandissent au pré et en groupe, et nous souhaitons autant que possible qu’ils puissent conserver une vie leur permettant de se déplacer et d’avoir des contacts avec leurs congénères.

Un cheval n’est pas seulement un partenaire sportif. Son mode de vie quotidien doit aussi répondre à ses besoins.

7. Pour un mâle, se demander si le garder entier a réellement un intérêt

Un entier n’a pas besoin de devenir étalon simplement parce qu’il possède de belles qualités.

Si un mâle n’est pas destiné à la reproduction, la castration peut notamment faciliter son intégration dans une vie sociale avec d’autres chevaux, selon les individus et les conditions de détention.

Le moment de la castration mérite en revanche d’être discuté au cas par cas avec le vétérinaire, en fonction notamment du cheval, de son développement et de ses conditions de vie.

8. Faire une visite vétérinaire adaptée au cheval acheté

Pour un cheval adulte ou déjà au travail, nous considérons la visite vétérinaire d’achat comme une étape essentielle.

Son contenu doit être adapté à l’utilisation prévue du cheval et discuté avec le vétérinaire. Des examens complémentaires, notamment radiographiques, peuvent être pertinents selon l’âge, le projet et les constatations de l’examen clinique.

Pour un très jeune poulain, la démarche n’est évidemment pas exactement la même : certains examens réalisés sur un cheval adulte n’auront pas la même pertinence et le protocole doit être déterminé avec le vétérinaire.

Et surtout, une visite d’achat ne signifie jamais qu’un cheval ne rencontrera aucun problème de santé dans sa vie. Elle permet d’évaluer son état au moment de l’examen et les éventuels éléments susceptibles d’être importants au regard de son utilisation future.

9. Calculer le budget d'après… avant de calculer celui de l'achat

Le prix du cheval n’est que le début.

Pension ou entretien des pâtures, alimentation, maréchalerie ou parage, dentisterie, vaccinations, matériel, cours, transport, assurance éventuelle… auxquels peuvent s’ajouter des dépenses vétérinaires imprévues.

Et celles-ci peuvent parfois représenter plusieurs milliers d’euros très rapidement.

Il est donc important de ne pas consacrer l’intégralité de son budget à l’achat du cheval.

Une négociation particulièrement importante sur le prix peut d’ailleurs nous interroger lorsqu’elle semble montrer que le budget est déjà extrêmement contraint avant même l’arrivée du cheval.

Pouvoir acheter un cheval et pouvoir l’assumer durablement sont deux choses différentes.

10. Ne pas chercher « le meilleur cheval », mais le bon couple

Le cheval ayant les plus belles allures, le meilleur pedigree ou le plus gros potentiel n’est pas nécessairement le meilleur choix.

Un cheval extrêmement sensible et talentueux peut être extraordinaire avec le cavalier qui lui correspond et devenir une source permanente de difficultés avec un autre.

À l’inverse, un cheval moins spectaculaire sur le papier peut devenir le compagnon d’une vie.

Il faut donc regarder l’ensemble : projet, niveau, encadrement, tempérament, modèle, conditions de vie, budget et, enfin, ce petit quelque chose impossible à mettre dans une fiche technique : l’entente entre deux individus.

Au moment de choisir son cheval, le véritable objectif n’est finalement pas de trouver le cheval parfait.

C’est de trouver celui qui nous correspond — et auquel nous pouvons, nous aussi, offrir la vie qui lui correspond.

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